Le hangar Bessonneau

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Modélisation Alban Dury – Espace Air Passion / GPPA Angers

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Histoire sommaire des hangars « Bessonneau »
Guilhem LABEEUW (membre 2A)
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Les établissements Bessonneau
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Ancrés dans l’imaginaire populaire, les hangars « Bessonneau » sont vite devenus au début du siècle l’archétype du hangar pour avion, élément indispensable de tout champ d’aviation au côté des baraques Adrian. Qui n’a par ailleurs jamais aperçu leur silhouette sur une carte postale ou sur un dessin de Marcel Jeanjean ?
Leur histoire commence en 1910 au détour de la première course Angers-Saumur pour laquelle René Gasnier, fondateur de l’aéroclub d’Avrillé, avait sollicité le concours des établissements Bessonneau, Société anonyme des Filatures, Corderies et Tissages d’Angers fondée le 17 décembre 1901, pour installer de grandes tentes en toiles destinées à protéger les avions. Julien Bessonneau fils, né en 1880, en est progressivement devenu le principal actionnaire et administrateur après avoir racheté de nombreuses entreprises angevines de textile.  En 1912, la fourniture de tentes par les établissements Bessonneauau pour le circuit de l’Anjou, circuit de 150 km dans le triangle Angers-Saumur-Cholet, est citée par le magazine L’Illustration qui permet à l’entreprise de se faire connaître plus largement. Avec la guerre de 1914, ce type de hangar démontable en bois et toile va connaître un développement sans précédent sur les terrains de campagne grâce à la commande militaire qui s’organise en créant des compagnies de monteurs de hangars . Avec plus de 1000 exemplaires construits, les hangars Bessonneau vont faire tourner les usines des établissements Bessonneau, en particulier l’usine consacrée aux tissages « Ecce Homo » à Angers.
Incontournables lors de la première guerre mondiale, ces structures légères vont néanmoins rapidement disparaître du paysage des aérodromes, en raison d’une gestion hasardeuse de l’entreprise et du développement des structures en béton ou métalliques plus adaptées aux dimensions grandissantes des avions. Il en resterait aujourd’hui moins d’une dizaine en France, démontés, modifiés ou réutilisés pour des destinations agricoles.
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Publicité (Coll. 2A)
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Les différents modèles de hangars « Bessonneau »
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Hangar destiné à être facilement démontable (par exemple par une compagnie de 24 hommes en deux jours), sa structure est constituée d’une charpente en sapin recouverte d’une toile de chanvre enduite. Il existait différentes tailles de Bessonneau, les plus petits mesurant 20 m par 20m tandis que les plus grands atteignaient 20 ou 26 m par 28 m, ces derniers s’avérant les plus répandus. La charpente est composée de fermes triangulées en pièces de bois massifs reposant sur des poteaux en bois et retenus de chaque côté par des contreforts triangulés en forme de fuseau. Dans le sens de la longueur, de grandes pannes en bois elles-mêmes triangulées et des contreventements latéraux viennent rigidifier l’ensemble.
L’étanchéité des hangars était assurée grâce aux toiles de chanvre enduites dont l’entreprise Bessonneau avait fait sa spécialité. Munies de portières en toile en guise de porte, les hangars pouvaient être entièrement refermés, ne laissant que quelques ouvertures en toile transparente.
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(Coll. Piet Bouma, membre 2A)
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Type reconstitué sur l’aérodrome de Nervesa della Battaglia – Verona (Coll. Davide Olivati)
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Bessoneau
 Modélisation Alban Dury – Espace Air Passion / GPPA Angers
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Sources :
• Archives municipales d’Angers, 13 Fi, album n° 1, feuillet 40.
• Dumont Marie-Jeanne. L’architecture de l’aéronautique en France 1900-1940. Ministère de la culture et de la communication, 1988. (Non publié)
• Wikipédia

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