Gaston Leinekugel Le Cocq
Synthèse biographique rédigée par G. Labeeuw

LEINEKUGEL LE COCQ Gaston, Alphonse, Albert
né le 29 novembre 1867 à Cambrai.
Décédé le 18 février 1965 à Perpezac-le-Blanc (Corrèze). Officier de la Légion d’Honneur le 29 janvier 1918.
Formation
Ancien élève brillant de l’École polytechnique (promotion 1890), il débute sa carrière comme ingénieur hydrographe de la Marine, participant dès 1892 à des campagnes de relevés hydrographiques aux Antilles, en Méditerrannée ou sur les fleuves de France. De 1897 à 1899, il participe en tant qu’officier volontaire à la fin de la campagne de guerre à Madagascar et à cette occasion rencontre Georges Arnodin et également sa soeur Aline. Georges et Aline Arnodin sont les enfants de Ferdinand Arnodin, célèbre ingénieur connu pour avoir développé les ponts suspendus et ponts transbordeurs à la fin du XIXème siècle.
Le 22 octobre 1900, il épouse Aline Arnodin à Châteauneuf-sur-Loire et son destin est désormais lié à la famille Arnodin. Il quitte la Marine en 1901 pour rejoindre l’entreprise familiale Arnodin, où il va participer à la conception et à la réalisation de nombreux ponts métalliques suspendus.
1914-1918
Lors de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé en tant qu’ingénieur géographe puis va être rapidement employé à la construction de ponts à l’arrière des armées en proposant de reconstruire les ponts détruits par des ponts suspendus avec les systèmes Pigeaud et Gisclard (ingénieur du Génie dont Arnodin avait obtenu la licence exclusive du brevet Gisclard). Il concevra durant cette période plus d’une dizaine de ponts suspendus.
Après l’armistice

Durant la première moitié du XXᵉ siècle, il devient l’un des spécialistes français des ponts suspendus, des ponts transbordeurs et des systèmes utilisant câbles et structures métalliques légères. Il développe notamment des méthodes de contrôle de tension des câbles et supervise de nombreux ouvrages en France et à l’étranger.
En 1922, il fonde à Larche la Société de Construction Métallique de la Corrèze (SCMCL), qui poursuivra les traditions techniques des établissements Arnodin. Au décès de Ferdinand Arnodin, il hérite avec Georges Arnodin de la codirection de l’entreprise de Ferdinand qui prend l’appellation “ Ets. Ferdinand Arnodin, MM. G.Arnodin et G. Leinekugel Le Cocq, fils et gendre successeurs”.
Réalisations connues dans le domaine aéronautique
L’intérêt, certes limité au vu du faible nombre de réalisations, de Leinekugel Le Cocq pour les hangars vient directement de son expertise des structures à câbles acquises dans l’entreprise Arnodin. Ses travaux sur les ponts suspendus lui permettent d’adapter aux bâtiments industriels et aéronautiques plusieurs principes : grandes portées libres, réduction du poids des charpentes, utilisation de câbles travaillant essentiellement en traction, limitation du nombre d’appuis intérieurs, facilité de préfabrication et de montage…
Dans le cas des hangars, la toiture joue en quelque sorte le rôle d’un tablier de pont. Elle est suspendue à des poteaux métalliques situés en rive à l’aide de câbles métalliques. Les hangars peuvent comporter plusieurs nefs. Gaston Leinekugel Le Cocq a déposé plusieurs brevets en référence à ce système de structure suspendue pour hangars. Y compris pour des hangars à dirigeables.
Le système Leinekugel Le Cocq a été utilisé pour la conception des hangars suivants :
- Hangar à Cherbourg – Chantereyne
- hangar à Bizerte – Karouba
- hangar à Etampes – Mondésir
- hangar à Hourtin
- hangar à dirigeables (projet)
- hangar à Villacoublay selon [1]
Sources :
- [1] Leinekugel Le Cocq, Didier (2010) : Ingénieur des ponts. L’histoire de l’entreprise Arnodin – Leinekugel Le Cocq de 1872 à 2002. Editions La Vie du Rail, Paris
- Constructions métalliques : L’application des câbles à la construction d’ateliers et de hangars pour avions ou dirigeables, à toiture suspendue, pp205-211, Le Génie civil, n° 2012,
- Wikipedia
- Structurae.net
- De fer et de rêve : les constructeurs de ponts métalliques à Châteauneuf, 1872-1924