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3.2 - Commanditaire

Daniel Haguenau

Daniel Haguenau

Biographie rédigée G. Labeeuw pour le livre Les ingénieurs des Bases aériennes, Tome 1 : 80 ans de services civils et militaire ;  collection mémoire de l’aviation civile, décembre 2021 

Daniel Haguenau. source : DGAC

HAGUENAU Daniel
Né le 24 octobre 1894 à Paris 10
Décédé le 14 juillet 1988
Promotion X1913 – P&C 1919-21

Reçu à l’école polytechnique en 1913, Daniel Haguenau participe, en tant qu’engagé volontaire, aux campagnes de la Première Guerre mondiale dès le 2 août 1914. Il termine la Guerre avec deux blessures, six citations et la croix de la Légion d’honneur.
Il est reçu à l’école nationale des ponts et chaussées en 1919.

Le SNAé (1921-1928)

En poste à Périgueux, il demande dès 1921 son détachement au Service de la navigation aérienne (le SNAé, qui depuis janvier 1920 est rattaché au Sous-Secrétariat d’état à l’aéronautique dirigé par Pierre-Etienne Flandin puis Victor Laurent-Eynac en janvier 1921) où il est nommé chef du Service de l’exploitation. Il succède à Emile Pierrot, ancien artilleur d’aviation et commandant d’escadrille de reconnaissance pendant la guerre de 14-18 parti en 1921 pour prendre la direction technique de la Compagnie des messageries aériennes.
Les 7 et 8 juin 1922, Haguenau fait partie, avec Duval et Volmerange du SNAé, du vol expérimental réalisé de nuit, en Goliath-Farman, entre Paris (Le Bourget) et Londres (Croydon), un vol ayant pour but de constater l’efficacité des phares aériens installés par le Service de navigation aérienne pour le développement des liaisons nocturnes.
Le premier vol commercial de nuit, entre Strasbourg et Paris, aura lieu finalement le 2 septembre 1923. La même année, Haguenau produit un rapport remarqué sur l’aviation postale.

Les premières concessions de lignes aériennes

En poste au bureau du trafic aérien au SNAé, on lui doit l’organisation du transport aérien français à ses origines : élaboration du cahier des charges des premières concessions de lignes aériennes et des programmes de matériel volant, contrôle technique des compagnies, négociations internationales.
En septembre 1925, il publie un long article sur les régimes financiers des services publics de transports aériens en France et à l’Étranger, dans lequel il détaille la convention passée avec Air Union, sur la ligne Paris Londres et pour une durée de dix ans.
En juillet 1926, le Sous-Secrétariat d’état de l’aéronautique et des transports aériens est supprimé et ses attributions transférées au ministre du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes, avec la création d’une Direction générale de l’aéronautique et des transports aériens, au sein de laquelle apparaissent une direction des constructions aéronautiques et une direction des voies et communications aériennes dans laquelle Haguenau continue ses missions. En juillet 26, il publie un article intitulé : Les transports aériens en France et à l’étranger : politique des états et des compagnies.
Fin 1927, il décide de quitter le SNAé (NDLR : pour des raisons non connues) et est affecté provisoirement le 11 janvier 1928 à l’inspection générale des services de contrôle de la distribution d’énergie électrique où il restera deux années. Sa présence dans des commissions de navigation aérienne reste néanmoins attestée après 1928, preuve de son attachement à son ancien service.
En 1930, Daniel Haguenau devient chef de cabinet du Sous-Secrétaire d’État aux travaux publics par arrêté du 5 mars 1930, confié à Henri Falcoz pour quelques mois, dans cette période marquée par une instabilité des gouvernements qui se succèdent en quelques mois.
Par décret du 30 juillet 1930, il est promu au grade d’officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.
Le 13 décembre 1930, Haguenau ne fait plus partie du nouveau cabinet du Sous-Secrétaire d’État chargé des travaux publics et du tourisme du gouvernement de Théodore Steeg.

Aux côtés de Pierre Cot

Le 31 janvier 1933, Pierre Cot est nommé ministre de l’Air et fait appel à Haguenau pour diriger son cabinet. Il y restera jusqu’à la crise du 6 février 1934, marquant l’éviction de Pierre Cot.
Daniel Haguenau participera pendant près d’un an à de nombreuses commissions et secondera activement le ministre dans ses multiples déplacements. Il y cotoiera également Jean Moulin.
Du 12 au 22 septembre 1933, Daniel Haguenau accompagne Pierre Cot durant une mission en URSS destinée à mieux connaître l’aviation russe et à mieux organiser les lignes aériennes de l’Europe orientale. Albert Caquot, alors directeur technique du ministère de l’air, fait également partie des membres de cette mission.

Daniel Haguenau jouera un rôle indéniable dans la la fusion des compagnies aériennes françaises voulue par Pierre Cot, dont la plus célèbre aboutira à la création d’Air France. En 1933, il participe au premier conseil d’administration de la compagnie Air France, en tant que représentant de l’état.
Par arrêté du 23 décembre 1933, il est nommé ingénieur en chef de 2ème classe avec effet rétroactif au 10 juillet 1931.

L’infrastructure d’avant-guerre

Par arrêté du 9 janvier 1934, Daniel Haguenau est mis à la disposition du ministère de l’air pour être chargé des fonctions de chef de la section centrale des travaux de l’aéronautique. Cette section deviendra quelques mois plus tard le Service central des travaux et installations du ministère de l’air, que réintègre un autre ingénieur des ponts et chaussées, René Lemaire, en tant que chef du 3ème bureau.
Le 24 avril 1937, Haguenau devient directeur des travaux et installations du ministère de l’air (DTIA) et le reste jusqu’en mars 1939. Durant cette période, Haguenau s’attèle à organiser la rénovation et la construction des infrastructures civile et militaire de la métropole, de l’Afrique du Nord et du Levant, une œuvre monumentale qu’il relate en avril 1939 dans un rapport au ministre de l’air, Guy La Chambre. à la veille de la 2ème Guerre mondiale, ce rapport classé secret à l’époque, ne suffira pas à maintenir Haguenau à la tête de la DTIA. Pourtant, Haguenau n’a eu de cesse, durant ces cinq années, de défendre la cause de l’infrastructure, « servante » de l’aviation comme l’a énoncé Urbain Cassan en 1936 mais également son parent pauvre, en particulier dans les années trente où les progrès de l’aviation sont particulièrement notables.
Par décret en date du 11 avril 1939, M, Haguenau, ingénieur en chef de 1ère classe des ponts et chaussées, est remis par le ministre de l’air à la disposition du ministre des travaux publics, et est nommé directeur de l’office national de la navigation. Il est remplacé par M. Stahl, ingénieur en chef de 2ème classe des ponts et chaussées.
Écarté de l’administration par les lois raciales de Vichy, Haguenau apporte son aide à la création d’un terrain d’aviation de la Résistance à l’Alpe de Mont-de-l’Ans.
En 1946, Haguenau est nommé à la tête du service des organisations aéronautiques internationales (SOAI) du SGACC.

Il est promu Commandeur de la Légion d’honneur le 15 janvier 1953.
En 1953-1954, il est membre du conseil de l’aviation marchande.
Durant cette période d’après guerre, Haguenau joue un rôle de premier plan dans de nombreuses conférences internationales, en particulier celles de l’OACI et de la CEAC et participe aux négociations sur Eurocontrol et Air Union.
En 1964, l’ingénieur général des ponts et chaussées Daniel Haguenau, après 45 ans de service, quitte ses fonctions de chef du SOAI.