Hangar Boussiron de 80 m de portée pour la SNCASE à Marignane
Par Guilhem Labeeuw


Description
Situé dans la partie nord-est de l’aéroport de Marignane , ce hangar a été construit en 1938 par les établissements Boussiron pour la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Sud-Est (SNCASE), qui venait juste de commencer à s’implanter sur l’aéroport de Marignane.
Il s’agit d’un hangar à voûte cylindrique en béton armé reposant sur deux longs pans perpendiculaires au plan des portes. Sa particularité réside dans la portée, 80m, un record en France pour les voûtes minces en béton armé en 1938 et par la rapidité d’exécution pour une structure en béton armé (7 mois)
- Portée : 80 m
- Profondeur : 50 m
- Hauteur : 12 m sous monorails suspendus aux entraits
- épaisseur de la voûte en hourdis béton : 7 cm
- Portes : coulissantes, de type Huguet & Tournemine (similaires à celles des hangars Jeumont-Daydé). Elles peuvent encaisser les variations liées au flambement de l’auvent en béton armé jusqu’à 15 cm
Description détaillée [1]
La profondeur de 50 m est coupée en 6 travées de 8,30 m mesurés d’axe en axe des plans porteurs et raidisseurs formés par les fermes de voûte et les poteaux de long pan. Sous toutes les natures d’efforts, le hourdis de voûte est calculé en voile mince dont les appuis sont d’une part les fermes précitées qui reçoivent essentiellement les cisaillements dus au fonctionnement du voile et d’autre part les poutres de retombée constituées par les parties basses de la voûte elle-même, et qui reçoivent essentiellement les réactions du voile tangentes aux directrices. Les poutres de retombées sont bien entendu établies pour reporter la résultante de ces réactions aux plans porteurs et raidisseurs.
Le hourdis de voûte a une épaisseur minimum de 7 cm. La directrice est une chaînette de 10 m de flèche et de 80 m de portée. Une nervure transversale intermédiaire permet d’utiles répartitions d’efforts dans chacune des travées de 8,30 m comprises entre deux plans raidisseurs. Les fermes de ces derniers sont à treillis en V qu’il a été facile d’établir en dépit des règles de flambage très sévères imposées par le ministère de l’Air. L’entrait, ou membrure inférieure de chacune des fermes, est
armé de ronds de 14 mm d’une seule longueur.
Une des particularités de la voûte est qu’elle ne présente aucune saillie
extérieure. Elle est entièrement recouverte de rubéroïd (procédé d’étanchéité de type bitumineuse)



[2] La S.N.C.A.S.E. (Société Nationale de Constriction Aéronautique du Sud Est) a été créée en 1937 en regroupant les actifs industriels de Lioré et Olivier d’Argenteuil avec ceux de Potez à Berre et Vitrolles, ceux de la SPCA à Marseille et les chantiers de Romano à Cannes.
Une base d’essais en vol va être installée à Marignane dès 1937.
Une usine fut construite, sur une ancienne propriété agricole à cheval sur les communes de Marignane et de Vitrolles, pour la construction d’hydravion de gros tonnage (SE 200) ; elle sera prête à entrer en service en juillet 1939.
Construction
- Concours en février 1938.
- Démarrage des travaux le 4 mai 1938.
- Achevé en décembre 1938. Les équipements associés à l’usage industriel de ce hangar (pont-roulant, système de pesage des avions, …) ont été confiés à d’autres entreprises.
Etant donné le délai de réalisation imposé, l’entreprise Boussiron opta pour un échafaudage fixe plutôt qu’un échafaudage roulant pour la réalisation des voûtes.



Les travaux ont été exécutés sous la direction des services techniques de la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Sud-Est,
en particulier de M. Magrou, ingénieur des Services Immobiliers, et de M. J. Rozan, architecte D. P. L. G., architecte de la Chambre de Commerce de Marseille.
Etat actuel
Détruit durant la WW2 : les photos aériennes de mars 1944 montrent que la travée côté portes a été complètement détruite. Dans les photos postérieures, le hangar a été complètement démoli et on peut distinguer au sol le système de pesée des avions encore présent.

Illustrations



Sources
- Revue Technique des Travaux, juin 1939 : article de Charles PUJADE-RENAUD, alors administrateur-directeur des établissements Boussiron
- [2] Brochure réalisée par l’association Mémoires d’Hydraviation pour la conférence de Vitrolles (juin 2013) : Les hydravions à Vitrolles (de CAMS à la SNCASE)