Hangar-atelier Boussiron à Caen – Carpiquet
Par Guilhem Labeeuw

Description
Hangar servant d’atelier d’entretien et de réparation situé dans la zone Est de l’ancienne base aérienne de Caen – Carpiquet, au quartier dénommé Koenig.
Conçu par Nicolas Esquillan, alors directeur chef d’études d’ouvrages d’art au sein de l’entreprise fondée par Simon Boussiron, le hangar-atelier est constitué de deux travées de 71m de portée chacune et flanquées d’appentis à l’arrière. Il a été construit entre 1938 et 1939. Ce hangar dénommé de type “Bordeaux” [1], sans que l’on en connaisse aujourd’hui la raison.
Le principe constructif de ce hangar-atelier repose essentiellement sur une ossature en béton armé (poteaux et voûtes en béton armé sous-tendue tous les 7 m par des fermes triangulées en poutres et tirants en béton armé) et des murs en maçonnerie de briques pleines. A l’arrière, des appentis en structure béton avec toitures en shed sont disposés sur toute la longueur des deux travées.
Au regard des autres productions de Boussiron, certains éléments apparaissent comme caractéristiques de l’esthétique de l’entreprise : le traitement des chéneaux en encorbellement au niveau des articulations entre les poteaux et les voûtes, le traitement des fermes triangulées similaires aux hangars de Boussiron.
Dimensions :
- Portée de chaque travée : 71 m
- Profondeur : 31 m (hors appentis)
- Hauteur : estimée à 10 m sous entraits. 17 m au faîtage
- épaisseur de la voûte en voile mince de béton : 6 cm
- Portes : panneaux coulissants manuellement (sans garage) avec remplissages en tôle ondulée.
Construction
Achevé le 15 avril 1939 [1].
Bombardé en 1943 puis lors de l’été 1944. Une des bombes a sectionné entièrement une des parties de voûtes. Celle-ci a été reconstruite après-guerre et des réparations ont été réalisées sur le reste des deux travées, réparations toujours visibles en sous-face des voûtes.



Etat actuel
Toujours existant en 2026. Abrite en 2026 un musée : https://www.ddaywingsmuseum.com/
Les maçonneries de briques pleines semblent avoir été enduites ou remplacées par des éléments en béton. Les appentis à l’arrière ont connu des modifications suite à l’occupation par le 18ème RT.
Le pignon (tympan) accueillait des parties vitrées aujourd’hui remplacées par des panneaux translucides. Un bardage métallique de couleur rouge-orangée cache actuellement la modénature en béton du pignon.
Il semble que les portes aient été réparées suite aux dégâts visibles lors des bombardements : les structures métalliques ont visiblement été conservées et les tôles remplacées.

Illustrations






Sources
- [1] François Robinard, 50 aérodromes pour une victoire. Edition Heimdal
- Rapport de visite du SNIA
- Nicolas Esquillan, Cinquante ans à l’avant-garde du génie civil (1923-1973) – plaquette de 1974
- Marrey (Bernard). “Nicolas Esquillan”. Paris: Picard, 1992.
- Région Basse-Normandie – Direction de l’Inventaire général du patrimoine culturel, Abbaye aux Dames